"Du même sang" - Un court métrage contre l'homophobie (attention certaines scènes violentes)

Ted fréquente les quais, lieu de rencontre homosexuel. Il vit son homosexualité en cachette. Mais ce soir-là, son frère, caïd des banlieues, décide de venir "casser du pédé" avec sa bande. Choqué par la violence de son frère, Ted décide de l'affronter...

"Le Code Pénal prévoit l'aggravation des peines pour certains actes délictueux, comme des violences physiques, lorsque le mobile est raciste ou homophobe. La loi du 3 février 2003 punit plus sévèrement une agression lorsqu'elle est raciste. Celle du 18 mars 2003 punit plus sévèrement une agression lorsqu'elle est homophobe."

# Posté le samedi 31 janvier 2009 12:22

Modifié le jeudi 19 mars 2009 15:20

Comment les gays musulmans appréhendent-ils le mois sacré du Ramadan?

Comment les gays musulmans appréhendent-ils le mois sacré du Ramadan?
Comme chaque année, à l'approche du Ramadan, on assiste à un retour à la spiritualité et à la piété. Reprise de la prière, arrêt de la consommation de l'alcool et fréquentation massive des mosquées. Les gays musulmans ne sont pas en marge de ce phénomène qui peut sembler parfois contradictoire pour certains. Alors comment les gays musulmans appréhendent-ils ce mois sacré? Filou a recueilli des témoignages...

J'aime les hommes, et je ne fais pas le ramadan...

Samir (25 ans - Loos - 59) fait partie de ces gays qui ont tiré définitivement une croix sur la religion afin de vivre pleinement leur sexualité. Il explique: "Il faut revoir le concept de gays musulmans. Ici tu n'as pas trop le choix. Tu es d'origine marocaine, donc tu est forcément musulman. Tu n'as pas à choisir. Les gens, la société, ont décidé pour toi. Personnellement, je revendique ma culture musulmane, mais je ne me considère pas comme musulman. Je ne peux pas suivre une religion qui ne me laisse aucune place pour exister dans ma différence. Je ne prie pas, je bois de l'alcool, j'aime les hommes et je ne fais pas le ramadan."

Le cas de Samir, est loin d'être celui de tous les gays marocains. Il fait partie d'une minorité de gays identitaires, assumant parfaitement leur homosexualité et ayant surtout les moyens de le faire. Moyens aussi bien intellectuels que financiers.

Pendant ce mois, tous les codes sont brouillés...

Kamal (21 ans - Orly - 94) lui, voit les choses différemment. "Pendant le ramadan, j'essaye de ne pas trop sortir. De toutes les façons, pendant ce mois, tous les codes sont brouillés. Les gens sortent beaucoup le soir. Ces parcs, jusque-là connus pour être des endroits de rencontres entre hommes, sont envahis par des hétéros, des familles qui privilégient les ballades nocturnes pendant cette période. Brancher un mec pourrait être assez dangeureux s'il s'avère hétérosexuel. A la question si je fais le ramadan je réponds: oui. Je suis musulman avant d'être homosexuel. Pour le reste, dieu est clément et miséricordieux, il pourra me pardonner car je suis quelqu'un de bien." Le pardon divin, c'est ce que certains cherchent pendant ce mois.

C'est une bonne occasion pour me purifier...

Yassine (27ans - Clichy-sous-Bois - 93) affirme: " Je profite de ce mois pour me rapprocher de dieu. J'arrête toutes les relations avec les hommes, j'arrête de boire de l'alcool 30 jours avant le ramadan. Je prie, je vais à la mosquée... C'est une bonne occasion pour me purifier."

Purification, pardon divin, les mots sont lâchés. Ceci reflète le désarroi et la détresse dans lesquels se trouvent beaucoup de gays maghrébins. L'homosexualité est considérée comme quelque chose d'impur, de malsain. Un pêché. Y compris par les gays eux mêmes. On peut imaginer ensuite la culpabilité qui s'en suit, et puis la quête d'une rédemption un jour. La rédemption signifie souvent le mariage. On rentre dans le droit chemin, on épouse une femme et on fait des enfants, afin d'effacer à jamais la souillure de quelques années "d'errances de jeunesse".

Le mariage me garantit la meilleure couverture...

Malheureusement, les choses ne sont pas toujours aussi simples, comme en témoigne Mohamed 37ans. "Il y a 4 ans ma famille a jugé bon de me marier... Je me suis dit pourquoi pas? Ils ont tout arrangé jusqu'au choix de la mariée. Je pensais que c'était l'occasion ou jamais pour me débarasser enfin de mes tendances homosexuelles. Après une année de fidélité, j'ai repris des relations avec d'autres hommes. C'est plus fort que moi. Ceci-dit cette situation, arrange tout le monde. Mes parents, ma femme dont le seul rêve dans la vie était de trouver un mari et de fonder une famille, et moi-même parce ça me garantit la meilleure couverture contre les qu'on dira-t-on... Jusqu'à quand? Je ne sais pas, mais je n'ai pas trop envie d'y penser pour l'instant..."

# Posté le mardi 03 février 2009 03:45

Modifié le samedi 11 avril 2009 14:26

"Full Speed" - du sang, de la drogue, de la violence, du sexe gay...tous les ingrédients de la cité réunis en un seul film

Fils d'ouvriers, Quentin obtient le succès avec son premier roman. Il a pour amis le costaud et charismatique Jimmy et Julie, une jeune fille issue de la bourgeoisie. Samir, un jeune beur, s'éprend de Quentin, qui se refuse à lui mais veut en faire le héros de son prochain livre.

Une fois de plus un bon film sur le mélange des classes sociales, des cultures et des genres...

# Posté le mardi 03 février 2009 15:28

Modifié le lundi 17 août 2009 04:06

Témoignage de Mourad - Montreuil (93) "A la Loco c'est hallucinant je retrouve ici les mêmes mecs de la cité où je vivais et qui jouaient les gros durs hétéros!"

Témoignage de Mourad - Montreuil (93) "A la Loco c'est hallucinant je retrouve ici les mêmes mecs de la cité où je vivais et qui jouaient les gros durs hétéros!"
Look «racaille», T-shirt trois bandes Adidas ou débardeur-jean, les jeunes gays beurs et blacks de banlieue s'offrent le temps d'un dimanche soir une échappée belle en RER, et chaloupent leur virilité exotique dans la salle parisienne de la Loco au rythme des musiques métisses, techno-orientale ou R&B. A mille lieux du Marais et de ses homos bobos-blancs et friqués, les «Soirées Black-Blanc-Beur» sont devenues une véritable institution pour de nombreaux jeunes de cités, ceux qui se cachent de l'autre côté du périph. Là où l'homophobie est profondément ancrée, le mot «pédé» la pire des insultes, et le double jeu une question de survie.

Accoudé au bar couvert de dattes, Mourad, 26 ans, observe les clubbers. En chasse? Venu pour la première fois au rendez-vous, cet «affranchi» de la banlieue est en fait «en pleine hallucination»: «Je retrouve ici, en train de danser et de draguer, les mêmes mecs que j'ai côtoyés pendant vingt ans dans la cité où je vivais à Montreuil et qui jouaient les gros durs hétéros!»

C'est que, liés par le secret, les faux machos des quartiers, vrais homos en marge de la marge, n'ont tiré aucun bénéfice de trente ans de lutte gay. «Ces jeunes sont victimes d'une triple discrimination: beurs en France, homos dans une famille maghrébine (la malédiction!), et beurs et homos dans une communauté de pédés blancs qui reproduit de l'exclusion!», explique Fouad Zeraoui, le président de l'association Kelma («la parole», en arabe), qui organise ces soirées chamarrées et favorise la visibilité des beurs gay. Ils avaient besoin d'un lieu où se retrouver et partager le lourd fardeau de leur homosexualité. Ces fêtes les font sortir de leur isolement. Il n'y a qu'à voir les couples qui peu à peu se forment, les couleurs de peau qui se mixent, les corps qui se désirent.»

Et tout à coup, sur la piste, les garçons, délestés du poids du secret, poussent de puissants youyous de joie! Une manière de concilier l'inconciliable, leur sexualité et cette culture qui les condamne au silence.

# Posté le samedi 07 février 2009 14:19

Modifié le dimanche 08 février 2009 03:30

Témoignage de Azedine, violé en prison - "Les gardiens trouvaient cela normal que je me fasse violer car après-tout j'étais pédé"

Témoignage de Azedine, violé en prison - "Les gardiens trouvaient cela normal que je me fasse violer car après-tout j'étais pédé"
Azedine est un jeune homosexuel de 28 ans. Il a connu la prison de Fleury Merogis pour trafic de stupéfiants. Sorti l'année dernière après 4 ans derrière les barreaux, il m'explique une vie sous les verrous à mille lieux des clichés véhiculés par l'imaginaire collectif gay.

Filou : Comment es-tu arrivé en prison ?

Azedine :
J'ai beaucoup dealé lorsque j'étais jeune. Je suis passé plusieurs fois au tribunal sans jamais finir par la case prison. Seulement un jour, je suis remonté d'Espagne avec une quantité assez importante de shit. Je sortais à l'époque avec un jeune homosexuel, Sébastien, qui était en réalité un indicateur de l'OCRTIS (L'Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des stupéfiants). Il m'a balancé et j'ai pris 4 ans fermes pour récidive.

Filou : Comment imaginais-tu le milieu carcéral ?

Azedine :
Je n'y avais pas trop pensé. En tout cas ce n'est pas le genre de truc qui me faisait bander. Quand je suis entré en tôle, j'avais l'impression que ma vie s'arrêtait là, qu'il n'y avait plus rien après. La vie en prison a-t-elle été plus difficile parce que je suis gay ? Sans aucun doutes. Quand tu arrives là-bas, la première chose à dire c'est que t'es pas pédé. L'homophobie y est encore plus forte qu'à l'extérieur. J'ai vite sympathisé avec un compagnon de cellule, et un soir où j'allais mal, j'ai eu le malheur de lui dire que j'étais homosexuel. Ca a été le début de l'enfer...

Filou : Que s'est-il passé ?

Azedine :
Il l'a répété à d'autres détenus, en prison on est vite catalogué, tout circule très vite. J'ai été victime d'intimidations, d'agressions et finalement de viols. Je n'osais plus aller me promener ou aller aux douches, j'étais terrorisé. J'ai alerté l'administration pénitentiaire pour qu'ils me transfèrent, ils ne l'ont jamais fait.

Filou : Et les gardiens ?

Azedine :
Ils s'en foutent, ils savent très bien ce qui se passe. Chez eux aussi, l'information tombe très vite. Ils savaient que j'étais homosexuel. Je pense que pour eux, il était tout à fait normal que je subisse des agressions sexuelles, qu'après tout, comme j'étais pédé, c'est ce que je recherchais... J'ai même entendu une fois un gardien dire à un autre « Quand un gars me pose trop de soucis, je le mets à la douche en disant aux autres que c'est un pédé et je ferme la porte. En général, ça marche... »

Filou : Personne ne te venait en aide ?

Azedine :
Absolument pas, mais ce n'est pas tout. Le pire, ça a été d'apprendre à ma sortie de prison ma séropositivité. J'ai la rage contre l'administration pénitentiaire qui a laissé faire, et qui nie encore aujourd'hui l'existence d'une sexualité en prison. Aujourd'hui je me suis rapproché d'une association de lutte contre le sida pour faire avancer les choses...

Filou : Aujourd'hui comment te sens-tu ?

Azedine :
Je n'ai toujours pas retrouvé d'emploi, mais je vais mieux depuis quelques mois parce que j'ai trouvé quelqu'un. Il m'accepte malgré mon passé en prison et ma maladie. C'est lui qui me donne la volonté de me battre et de retrouver une vie respectable.

# Posté le dimanche 08 février 2009 05:08

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 04:28

Témoignage de Tarek, cité le Plateau Rouher (60) - "Mes parents m'ont jeté de la maison à coup de pied, depuis 3 ans je suis à la rue"

Témoignage de Tarek,  cité le Plateau Rouher (60) - "Mes parents m’ont jeté de la maison à coup de pied, depuis 3 ans je suis à la rue"
Filou : Bonjour, peux-tu te présenter ?

Tarek :
Je m'appelle Tarek, j'ai 23 ans, je suis originaire de Tunis. J'ai grandi à Creil (60) dans la cité sensible du Plateau Rouher.

Filou : Pourquoi as-tu été chassé par tes parents ?

Tarek :
Je vivais avec mes parents jusqu'à ma dernière année de lycée. Un jour, lors d'une réunion de famille, un cousin m'a demandé si j'étais gay. J'ai dit oui et mes parents m'ont jeté de la maison à coup de pied le soir même.

Filou : Depuis combien de temps es-tu à la rue ?

Tarek : Depuis trois ans.

Filou : Comment survis-tu dans la rue, étant gay et jeune ? Quel est ton quotidien ?

Tarek :
Au début j'étais sans domicile, je suis venu sur Paris, je traînais du côté de gare du Nord. Il n'y avait pas de foyer pour jeunes gays là-bas. Je devais rester dans un foyer pour adultes SDF. Quelqu'un a essayé de me violer là bas. J'étais très harcelé. J'ai préféré retourner dans la rue. Je suis allé dans une école plusieurs mois, mais j'étais aussi attaqué à l'école sur mon homosexualité.

Filou : Comment as-tu entendu parler du centre gay « le refuge » ?

Tarek :
Un ami gay de mon quartier m'a parlé du centre. Ils m'ont mis dans un appartement du foyer ou je vis actuellement.

Filou : Penses-tu que tu renoueras un jour avec ta famille ?

Tarek : Je ne sais pas. Quand je les appelle au téléphone, ils me raccrochent au nez.

Filou : Quelle est ta stratégie pour te réintégrer ? Comment penses-tu surmonter cette épreuve ?

Tarek :
Je travaille à plein temps. Je fais des missions d'intérim dans la restauration et à Roissy. J'essaye d'être pris à l'école. Je veux suivre un mastère et je suis intéressé par une carrière dans la politique internationale.

# Posté le mardi 17 février 2009 05:35

Modifié le mardi 17 février 2009 08:07