"Le clan" : belle histoire d'amour entre Olivier et Hicham (ma vidéo préférée que je matte en boucle)

Marc, Christophe et Olivier sont trois frères à nouveau réunis à la sortie de prison de l'aîné Christophe. Ce dernier cherche à se réinsérer dans la société tandis que le cadet, Marc, cherche à se venger d'une bande rivale et que le benjamin, Olivier, découvre l'amour dans les bras d'un garçon... le bel Hicham.
Qu'en pensez-vous?

# Posté le lundi 22 décembre 2008 16:22

Modifié le mardi 20 janvier 2009 10:04

Des homosexuels mènent le jihad au nom de l'amour : "Au nom d'Allah, j'aime les hommes"

Des homosexuels mènent le jihad au nom de l’amour : "Au nom d'Allah, j'aime les hommes"
Aimer une personne de son sexe et adorer Allah. Ces deux amours paraissent incompatibles pour nombre de gays musulmans en raison des interprétations du coran rejetant l'homosexualité. Dans "Jihad au nom de l'amour", le réalisateur Parvez Sharma a filmé la souffrance de ces hommes mais aussi la joie de ceux qui parviennent à concilier leur foi et leur amour.

Mushin Hendricks a acquis une certaine notoriété en Afrique du Sud. Une notoriété qu'il doit à son courage. Il a annoncé sur la radio nationale qu'il était imam, musulman et gay... Mushin Hendricks a payé cher son coming out. Il a dû démissionner des deux écoles où il enseignait le coran. Il a en prime vécu avec la peur que la communauté musulmane lui fasse payer son homosexualité : la plupart des fidèles de l'islam condamnent les relations entre personnes du même sexe, estimant que l'islam proscrit ces unions.

« Mon combat est un Jihad pour l'amour »

Mais Mushin Hendricks a tenu bon. « Mon combat est un Jihad pour l'amour », indique-t-il simplement. «J'ai tous les jours affaire à des jeunes musulmans qui luttent pour concilier l'islam avec leur sexualité. Mon travail consiste essentiellement à leur donner des conseils. Je leur dis d'accepter l'islam pour ce qu'il leur apporte de bien et de le concilier avec leur sexualité. Parce que celle-ci au bout du compte sera toujours présente. Je leur dis de rester dans l'islam et de laisser Allah en être juge à la fin des fins », explique le père de famille qui s'est marié pour cacher sa vraie nature.

On prend parfaitement la mesure de la peine de conjuguer islam et homosexualité dans le documentaire Jihad au nom de l'amour, dans lequel l'Afrique du Sud n'est que la première étape d'un périple mondial. Le réalisateur indien Parvez Sharma, lui-même gay et musulman, a posé sa caméra en Afrique du Sud, mais aussi en Egypte, en France, en Iran, en Turquie, au Pakistan, en Inde et au Canada.

« Au nom d'Allah, j'aime les hommes »

La culpabilité. C'est l'un des sentiments qui ronge ou a rongé les intervenants, qui s'expriment à visage découvert ou caché. Mushin Hendricks se souvient qu'il jeûnait « quatre-vingt jours par an pour se débarrasser de ça ». Adil, installé en France, est amoureux d'un Egyptien, qu'il va voir quand il peut. Son compagnon tente de le rassurer, mais rien à faire. Adil voudrait ne plus avoir de relations charnelles avec Abdel parce qu'il considère que son amour pour lui est un péché...
D'autres, en revanche, jugent qu'il n'y a pas de contradiction entre leur orientation sexuelle et leur foi. A l'image des Turques Ferda et Kiymet, qui vivent ouvertement leur relation. Quant à Kader, il porte un tee-shirt on ne peut plus explicite : « Au nom d'Allah, j'aime les hommes ». Le visage flouté, cet homme souligne que le jour où il se retrouvera devant son dieu il lui dira qu'il « l'aime autant que sa créativité » et que son amour n'avait rien d'un péché car il n'a « causé de tort à personne ».

Persécution

Pas de tort... reste cependant que des pays répriment sévèrement l'homosexualité. Comme l'Iran, qu'Arsham, Payam, Amir et Mojtaba ont fui pour la Turquie. L'Iran où les homosexuels présumés sont régulièrement pendus ou fouettés, comme Amir, qui a reçu « 100 coups de fouets en une heure ». En Egypte, Mazen a été arrêté avec un ami en 2001, avec 51 autres hommes, sur le Queen Boat, une discothèque flottante sur le Nil où se retrouvaient apparemment des gays. Il peine encore à parler de ses trois années de détention pendant lesquels il raconte avoir été battu et violé.
Les portraits de Jihad au nom de l'amour donnent au documentaire de Parvez Sharma, une justesse poignante. En 1h38, il est parvenu à montrer qu'islam pouvait rimer avec homosexualité. Que les gays et lesbiennes musulmans pouvaient souffrir de vifs tourments internes, mais aussi se sentir renforcés par la foi et avoir le sentiment qu'Allah les aime. Comme ils sont.

# Posté le mardi 13 janvier 2009 04:12

Modifié le mardi 24 février 2009 09:30

Un extrait de "jihad for love" - "You can be gay or lesbian and still be a good Muslim"

Quel que soit les lois, quel que soit le regard de la société, quel que soit les sévices ou les peines infligées, rien n'empêcheront deux hommes ou deux femmes de s'aimer, que ce soit en France, en Iran, au Maroc ou partout ailleurs dans le monde !

# Posté le samedi 17 janvier 2009 06:30

Modifié le samedi 17 janvier 2009 06:54

Interview de Abdellah Taïa, célèbre écrivain Marocain - "Au Maroc il y a une inititiation sexuelle entre hommes et ça se passe de façon très naturelle"

Interview de Abdellah Taïa, célèbre écrivain Marocain - "Au Maroc il y a une inititiation sexuelle entre hommes et ça se passe de façon très naturelle"
“Il a accepté de donner son c... pour se faire connaître”, “Il est publié et on parle de lui parce qu'il est homo”, “Il se prostitue pour plaire à l'Occident”, “C'est son postérieur qui parle, pas lui”, “Il nuit à l'image du Maroc et de l'islam”, “Si nous étions réellement en terre d'islam, on le lapiderait”. Le nom de Abdellah Taïa, pour ceux qui le connaissent, ne laisse guère indifférent. Il délie les langues et déclenche, dans les discussions de café comme sur les forums Internet, des échanges au contenu très peu amère. Rencontre avec Filou dans un café Parisien.


Filou : Il y a une initiation sexuelle entre garçons au Maroc ?

Abdellah :
Ah oui ! Absolument. Moi-même, j'ai eu une sexualité enfantine. Il y a une initiation entre enfants et avec des hommes entre 20 et 30 ans. Ça se passait de façon très naturelle. Je n'ai jamais été choqué.

Filou : Vous avez pu vivre votre homosexualité au Maroc ?

Abdellah
:
Oui, mais je ne l'ai pas vécue dans le sens européen. Pas dans une reconnaissance. Ma mère ne le savait pas. On ne peut pas dire les choses, on se sent enfermé, bloqué, étouffé. Mais parallèlement à ce non-dit, je pouvais vivre tout ce que je voulais. Ça n'empêche pas que j'avais des angoisses, des conflits, des accès de pessimisme, mais qui n'étaient pas liés à la sexualité ou à l'homosexualité.


Filou :
Et puis il y a aussi cet espace collectif où les corps se mettent à nu, le hammam. C'est un lieu important pour vous ?

Abdellah :
Oui. Absolument. C'est un lieu où il n'y a pas forcément une sexualité, mais une sorte de sensualité, une relation avec le corps de l'autre et ça c'est très, très important. Pour nous, c'était un lieu de passage obligatoire, ne serait-ce qu'une fois par semaine puisqu'on n'avait pas de salle de bains. On ne se lavait qu'une fois par semaine et je garde un goût pour ça. Parfois, ici à Paris, quand je sais que je ne vais pas voir du monde, je reste deux ou trois jours sans me laver. J'adore ces odeurs qui émanent de moi et que je ne garde que pour moi. Peut-être va t-on me prendre pour un cochon ! Si vous ne vous êtes pas lavés pendant trois ou quatre jours, quand vous le faites, l'impact de l'eau sur la peau n'est pas pareil. Et vous avez vraiment l'impression qu'il y a quelque chose qui se passe.


Filou :
Les garçons qui marchent main dans la main dans la rue au Maroc, est-ce que ça a une signification ?

Abdellah :
Ici, en Occident, c'est tout de suite connoté couple homosexuel. Là-bas, pas forcément. Ça dit la sensualité, ça dit tout ce qu'on ne peut pas dire et qui justement passe par le contact, le toucher.

Filou : Ça vous a manqué ce contact physique quand vous êtes arrivé à Paris ?

Abdellah :
Oui. Devenir un individu, ça veut dire être seul, s'accepter et assumer tout seul, ce n'est pas quelque chose d'évident. Vraiment, même pour quelqu'un comme moi qui a lu, qui a un bagage intellectuel... Je dirais même que c'est un traumatisme. Pour devenir un individu, ici, à Paris, ça n'a pas été facile. De la même façon que ça n'a pas été facile, de s'extirper là-bas du groupe pour pouvoir garder ne serait ce qu'un espace pour soi.

Filou : Comment vivez-vous cette homosexualité à Paris ?

Abdellah :
Je ne sais pas quoi répondre à ça. J'ai des amis, des amours. Je ne me reconnais pas forcément dans les homosexuels d'ici, mais j'ai beaucoup d'amis homosexuels. Ça m'arrive de voir des films gays idiots. A la fois je suis curieux de cette culture-là et, d'un autre côté, je n'y participe pas. Je ne vais ni dans les boîtes ni dans les bars. Mais, je n'ai rien contre. Sauf que ce n'est pas fait pour moi, c'est tout.

Filou : Et le côté ghetto ?

Abdellah :
C'est ça le malheur. On a trouvé une certaine liberté pour s'enfermer dans une autre prison. Mais, je peux comprendre que des gens qui ont été opprimés, qui ne pouvaient pas dire leur vie intime aient besoin d'un espace presque clos, où ils puissent être eux-mêmes.

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 13:36

Modifié le jeudi 10 septembre 2009 14:48

Les cités regorgent de jeunes n'acceptant pas de s'assumer en tant qu'homosexuel, pour quelles raisons?

Les cités regorgent de jeunes n'acceptant pas de s'assumer en tant qu'homosexuel, pour quelles raisons?
Les mecs de cités considèrent qu'en banlieue, il n'y a pas de « PD ». Dans les cités on compte de nombreux maux : racisme, xénophobie, sexisme, homophobie...

Les mecs de banlieue donnent l'image de personnes plutôt sûres d'elles et assez machos, c'est ce qui leur permet d'affirmer que parmi eux, il n'y en a pas. Les banlieusards ont encore dans leur esprit, l'image de l'homosexuel efféminé, sans sourcil, habillé de rose, aux cheveux longs. L'image que les mecs de cités se donnent n'est pas réelle pour de nombreux d'entre eux. Les cités regorgent, en effet, de jeunes, n'acceptant pas de s'assumer en tant qu'homosexuel. Cela est dû au refus de se considérer comme Renato (la cage aux folles, pour ceux qui ne connaîtraient pas !).

Il est à mon avis intéressant de se pencher sur le pourquoi du comment ces jeunes se refusent à s'assumer et à se comparer à ces modèles homosexuels.

Pour les banlieusards, un « PD » c'est une folle. Un mec de cité est en général viril, comment peut-il accepter de se confondre dans une image pareille. Le problème vient alors de ce que nous, homosexuels, laissons transparaître comme image. Nous donnons l'image de personnes superficielles, arrogantes, prétentieuses, misogynes, nymphomanes et EFFÉMINÉES. Et oui, après ma remise en question, je me dis qu'il doit être difficile pour un jeune se sentant attiré par des jeunes du même sexe, de regarder à la télévision des émissions où l'on voit des gays efféminés ou en string sur des talons compensés et d'entendre ses parents ou sa famille dire « Quelle honte ces gens-là !!! ».

L'attirance que ces jeunes ressentent devient à partir de ce moment là, un sentiment refoulé qui devient de la haine à l'encontre de ses congénères homosexuels. Ne dit-on pas qu'il n'y a qu'une très petite frontière entre l'amour et la haine ? Et pour en rajouter à sa situation, si ce jeune est issu d'une famille étrangère, le fait d'annoncer ou d'affirmer sa sexualité au grand jour, créerait un fossé entre sa famille et lui. Je ne vous apprendrais pas que certaines familles étrangères considèrent l'homosexualité comme un mal qui ne peut les concerner d'aucune façon.

Deux autres éléments contribuent à accroître la haine de ce jeune, c'est d'une part la peur du milieu homosexuel qui lui est inconnu mais pourtant si mal perçu par son entourage et d'autre part la peur de devenir un jour une folle comme toutes celles que les médias montrent en permanence et ainsi d'être la honte de sa famille.

Toutefois dans les cités tous les jeunes ne ressentent pas une attirance à l'égard de personnes du même sexe. Pour ces jeunes là, les sentiments de haine à l'égard des homosexuels sont beaucoup plus violents. Mais comme partout, il y a des exceptions : tout le monde ne déteste pas les homosexuels, bien heureusement !!!

# Posté le jeudi 22 janvier 2009 05:25

Témoignage de Karim, Clos-Saint-Lazare (93) : "Beaucoup jouent les caïds mais pris à part, la plupart tiennent un tout autre discours. Il y a des gays parmi eux."

Témoignage de Karim, Clos-Saint-Lazare (93) : "Beaucoup jouent les caïds mais pris à part, la plupart tiennent un tout autre discours. Il y a des gays parmi eux."
Karim, 26 ans, résident de la banlieue nord (Stains), prépare un doctorat à Paris et fréquente la nuit gay avec beaucoup de recul et de simplicité. Une triple vie en quelque sorte...

Karim connaît bien la banlieue : "J'y suis né. J'y ai mes amis et mes repères, je suis d'une famille très soudée, même si mes centres d'intérêt culturels sont à Paris. L'homophobie des banlieues s'exprime surtout dans le groupe car elle permet de renforcer la masculinité. Il faut surenchérir dans les propos injurieux car celui qui défend les homos sera systématiquement suspecté d'en être un. Pris à part, la plupart tiennent un tout autre discours. Il y a des gays parmi eux, mais qui ne peuvent s'affranchir que sur Paris. J'ai pu y croiser pas mal d'amis ou de connaissance de mon quartier".

S'il a parlé de son homosexualité à ses frères et s½urs, pas un mot à sa mère : "J'ai déjà besoin de me détacher de mon environnement pour penser à lui dire quoi que ce soit. C'est pendant mes trois ans passés loin d'eux, à l'étranger, dans le cadre des études, que j'ai pu cogiter pour m'accepter en tant que gay. Il y a en moi une retenue, une forme de non-dit. Ces sujets ne sont pas abordés dans le cadre de la famille. En ce qui concerne ma mère, je crois qu'elle a deviné."

En attendant de s'installer sur Paris, Karim rejoint tous les soirs sa cité : "Je n'ai pas de stratégie pour cacher mon homosexualité. Je reste moi-même. Je ne suis pas efféminé, je ne laisse donc pas planer un quelconque doute. Il y a, en banlieue, une sorte de respect de la vie privée et on ne parle pas de sexualité lorsque l'on parle de soi. Si on me demandait si je suis homo, ce qui n'est jamais arrivé, maintenant, avec le raisonnement que j'ai acquis, je dirais que oui."

# Posté le jeudi 22 janvier 2009 05:44

Modifié le jeudi 22 janvier 2009 08:37