La vraie racaille va t'elle disparaître?

La vraie racaille existe t-elle encore ? Avec la disparition de la mode du survêt Lacoste et l'apparition d'une mode beaucoup plus fashion, on peut se poser la question. Dirigeons nous vers une société comme aux Etats-Unis ou tous les jeunes sont bi ? Etre bi là-bas c'est même « ultra tendance ». De nos jours en cité aussi, les mecs passent des meufs aux keums comme ils passent du Mc Do au KFC...

# Posté le lundi 27 octobre 2008 11:04

Modifié le dimanche 03 mai 2009 11:11

Humiliations, insultes, passages à tabac, viols collectifs... Dans certains quartiers, les homosexuels vivent un calvaire. Surtout les jeunes d'origine maghrébine...

Humiliations, insultes, passages à tabac, viols collectifs... Dans certains quartiers, les homosexuels vivent un calvaire. Surtout les jeunes d'origine maghrébine...
On connaît les couples gays branchés, à Bègles et dans le Marais. Mais en banlieue, pas loin, au bout des lignes de bus, c'est l'enfer. «Sale pédé!» est l'insulte qui circule le plus dans les cages d'escalier. Et c'est la pire de toutes. Humiliations, agressions, mariages forcés... Les homosexuels y subissent une violence quotidienne. Et ceux-là n'iront pas manifester à la Marche des Fiertés, à Paris, le 26 juin.

Rien ne sort du monde clos des cités. L'association SOS Homophobie a lancé, il y a six mois, un premier appel à témoignages. «Sur notre ligne d'écoute, nous recevions des appels de victimes de la France entière, explique son président, Ronan Rosec. Rien ne remontait de banlieue.» Des histoires commencent à filtrer des barres d'immeubles. Anonymes, clandestines et violentes. «Mon ami et moi ne rentrons jamais en même temps, raconte l'un. Lorsque nous faisons les courses, nous y allons à tour de rôle. Nous vivons un véritable état de siège.» Un autre confie son passage à tabac par une vingtaine de jeunes: «Le chef de bande m'a dit: «Si tu veux rentrer chez toi, tu nous suces.» Il a refusé. Résultat: «Huit jours d'incapacité totale de travail.» Deux soirs plus tard, ils parviennent à s'introduire chez lui par la terrasse et récidivent: «Après avoir été cueilli dans mon lit, j'ai passé le restant de la nuit, nu, assis dans mon canapé. J'ai été torturé. J'ai cru qu'ils allaient me tuer.»

Des garçons victimes de viols collectifs ont eu la force de se confier à l'association Ni putes ni soumises. «Impossible d'aller porter plainte au commissariat du quartier, inimaginable de parler à la famille», explique Nasser Ramdane, un de ses militants. Selon cet ex-vice-président de SOS-Racisme et ancien membre du bureau national du Parti communiste qui a fait son coming out dans Têtu, «le soupçon qu'ils étaient consentants planera toujours».

Une seule solution pour ces homos: quitter la cité. Bien peu y parviennent. Dans les petites villes et à la campagne, le prétexte des études permet souvent de fuir une atmosphère étouffante. Dans les cités, l'ascenseur social en panne coince les jeunes entre les ragots des voisins et les clichés sexistes des copains. Les gays sont donc passés maîtres dans l'art de jouer les hétéros. «Dans la cour du lycée, il y a eu une punition collective, raconte Jonathan. Des mecs en avaient repéré un. Pendant la récréation, à l'écart, ils lui ont pissé dessus.» Du coup, l'adolescent donne des gages. Il participe à des bastons, joue à la petite racaille, «pour être un mec fiable». Pendant des années, il a changé de panoplie dans les toilettes du train de banlieue. Il troquait son jean et son tee-shirt moulant contre un survêtement passe-partout.

Cette schizophrénie peut aller très loin. Pour être insoupçonnable, la victime va même jusqu'à devenir bourreau. Des mois plus tard, Jean-Luc Romero, secrétaire national de l'UMP, raconte encore avec stupeur «les aveux d'un grand gars très baraqué qui demandait à me rencontrer». C'était lors d'une permanence à son association Elus locaux contre le sida: «Un peu gêné, le type me dit: «Tous les week-ends, je vais casser du pédé sur les lieux de drague parisiens avec mes copains.» Puis il ajoute: «Je suis moi-même homosexuel.» Je n'en croyais pas mes oreilles.» Depuis la loi du 18 mars 2003, le Code pénal précise que, lors de violences volontaires, l'orientation sexuelle de la victime est une circonstance aggravante.
«Surtout ne pas se faire griller», comme ils répètent tous. Surtout pas chez soi. Les jeunes d'origine maghrébine courent le risque supplémentaire d'être rayés du livret de famille. Dans certaines familles musulmanes, marier un fils homosexuel reste le meilleur moyen d'étouffer le scandale. Kamel avait profité de ses études scientifiques à Orsay pour déguerpir de sa cité de Creil. Il était le seul célibataire d'une fratrie de huit enfants. «Tous trouvaient ça bizarre. Ma s½ur m'a lancé qu'elle préférerait avoir un frère toxicomane que pédé.» Puis sa mère lui propose un mariage arrangé. «On m'aurait amené une fille du bled, soumise, qui n'aurait pas posé de questions, raconte ce conseiller en recrutement. Je ne voulais pas finir comme tous ces beurs mariés qui traînent au bois de Boulogne avec un siège de bébé à l'arrière de la voiture.»

Salim, lui, a subi une tentative de «rééducation». Quand l'étudiant modèle se métamorphose en «gars fêtard bien dans sa peau», dit-il, son grand-frère a pour mission de l'espionner. «Mon père m'a alors emmené en Algérie. Je n'ai pas senti le coup fourré. Je devais y passer dix jours. J'y ai été séquestré dix mois. Sans argent ni passeport. J'étais soumis à une cure de mentalité qui, selon mes parents, devait me sauver.» Le père a finalement ramené son fils à Montpellier. Mais sa famille s'acharne encore. Le 3 août 1998, ses frères le tabassent et le mettent à la porte avec la bénédiction maternelle. Il ne les a jamais revus depuis.
Le Coran promet pourtant aux croyants «un paradis où ils seront servis par des éphèbes immortels [...] semblables à des perles cachées», souligne Christelle Hamel dans le Dictionnaire de l'homophobie (PUF). Mais, pour les gays musulmans qui entendent depuis leur enfance qu'il s'agit du plus grand des péchés, «se construire avec une image positive de soi devient très difficile», ajoute l'anthropologue. Karim a la voix tourmentée et le visage délicat. Il vit son attirance pour les garçons comme une perversion: «15 000 bonnes actions ne suffiront pas à rattraper ça.» Son secret le ronge. «Inch'Allah!», son salut viendra peut-être «d'une rencontre avec quelqu'un»... à épouser.

Déjà mis à l'index par les traditions religieuses, les homosexuels ont désormais à craindre la propagande des intégristes. Nasser Ramdane connaît bien «les discours des barbus», au pied des immeubles. «Port du foulard, lutte contre les homos, il s'agit du même combat. Ce courant idéologique accuse l'Occident de pervertir les musulmans. En gros, c'est la faute des Blancs s'il y a des Arabes homos», explique le militant de Ni putes ni soumises. Vaste hypocrisie. «La première expérience homosexuelle a souvent lieu avec un cousin au bled, note Christelle Hamel. Une perspective impensable dans la cité. Dans le Maghreb, il y a un décalage entre la dureté de la loi qui réprime ces pratiques et la réalité. Un espace de liberté existe pour des relations entre hommes, tant qu'elles restent discrètes.»

Depuis 1998, l'association Kelma organise des soirées «Black-Blanc-Beur» à la Loco le dimanche soir. C'est la bouffée d'oxygène hebdomadaire. Là, pendant quelques heures, ils laissent leur déguisement d'hétéro au vestiaire et jouissent d'un peu de liberté. Deux Blacks habillés comme des mauvais garçons du Bronx se tiennent par la main. Un jeune intimidé regarde la piste de danse sans oser s'aventurer. Il tripote sa boucle d'oreille, une petite main de Fatma dorée, comme un porte-bonheur. Ce soir-là, la boîte est pleine à craquer. Cheb Khalas, chanteur de raï algérien, donne un concert. Dans une ambiance bon enfant, les mains virevoltent, les bassins ondulent, les youyous s'élèvent. Il est déjà 23 h 30, la file d'attente s'allonge pour récupérer les blousons. Il ne faut pas rater le dernier RER...

# Posté le mardi 28 octobre 2008 08:54

Modifié le dimanche 06 septembre 2009 05:23

Pourquoi la racaille est-elle absente de la Gay Pride?

Pourquoi la racaille est-elle absente de la Gay Pride?
Ils n'iront probablement pas à la marche des fiertés : les jeunes gays des banlieues, souvent issus de milieu où l'homosexualité est taboue, vivent leur sexualité dans la clandestinité et ne se reconnaissent guère dans les revendications et l'imagerie véhiculées par la "Gay Pride".

"Les gays de banlieue, tu ne les verras pas à la Gay Pride : déjà, ils ont trop peur d'être reconnus au journal télévisé de 20H00", affirme Kader, 29 ans, qui a grandi à Pantin en Seine-Saint-Denis avant de rejoindre la capitale. "En banlieue, tu es obligé de te cacher".

Violences verbales, physiques, harcèlement quotidien, obligation de mener une double vie : l'association SOS Homophobie a donné un aperçu dans son rapport annuel 2006 des difficultés rencontrées par les gays et lesbiennes vivant dans des cités où l'homosexualité, mal connue, est souvent associée à la pédophilie, au sida et à l'imagerie "grande folle".

"Je n'ai jamais été considéré comme un homosexuel dans ma ville", témoigne encore Kader, fils d'immigrés Marocain, qui avoue avoir eu des "comportements homophobes" par "frustration psychologique". "C'est une terrible souffrance de savoir que tout ce que tu es est rejeté par ton environnement. Quand, j'ai commencé à m'assumer, vers 17-18 ans, j'ai compris à quel point il était important pour moi de quitter la cité".
Lui a du moins eu la chance de ne pas être rejeté par ses parents. Najib, 24 ans, a été frappé et mis à la porte par son père après avoir été surpris, à 21 ans, en "flagrant délit" alors qu'il avait fait venir son petit ami au domicile familial.

Exilé d'Aubervilliers à Pierrefitte, Najib est aujourd'hui "moins obligé de se cacher puisqu'il est indépendant", mais il ne se voit pas faire venir un compagnon chez lui. "J'aurais trop peur qu'on le reconnaisse comme gay".
Seule échappatoire pour les homosexuels de banlieue, venir à Paris, direction le Marais ou les soirées "Black Blanc Beur" de La Loco, où ils peuvent jouir d'un relatif anonymat. Mais, relève aussitôt Sofiane, 23 ans, s'il est difficile d'être homo en banlieue, "à l'inverse il n'est pas facile pour un mec de cité, avec son jogging et ses baskets, de se faire accepter dans le milieu gay".

Décalage culturel, économique, les deux mondes se "télescopent", souligne Stéphane Schibikh, qui avec son site Internet "Cité Beur" et son magazine "Wesh City", tente de donner une plus grande visibilité aux "lascars gays". "Les gays du Marais luttent pour les droits civiques, le mariage, l'adoption. Le gay de banlieue lutte d'abord pour pouvoir dire à ses parents, à ses amis, qu'il est homo", poursuit-il.

A cet égard, la "Gay Pride", "vaste carnaval" où s'affichent des pratiques sexuelles "délurées", paraît à certains contre-productive. "On veut atteindre l'indifférence en jouant la différence. Mais comment veux-tu te faire accepter si tu exhibes tes pratiques sexuelles ?", se demande Kader, qui se dit "choqué" par l'image des homosexuels que propose la Marche.

Même distance de Najib vis-à-vis du caractère communautaire et revendicatif du milieu gay. "Le premier problème, c'est que les gens ne savent pas que c'est un gay... au lieu de militer, de réclamer des lois, il faudrait informer, favoriser davantage l'échange que les revendications communautaires qui amplifient le gouffre davantage qu'elles ne le comblent".

# Posté le mardi 28 octobre 2008 11:35

Modifié le lundi 16 mars 2009 16:09

Témoignage de Mikaël et son petit ami Akim, Courcouronnes (91)

# Posté le mardi 28 octobre 2008 12:09

Modifié le mardi 11 août 2009 03:42

Interview de Samy, d'origine marocaine, cité Picasso (92) : « Pour moi, le porno est un challenge »

Interview de Samy, d'origine marocaine, cité Picasso (92) : « Pour moi, le porno est un challenge »
Filou : Pourquoi fais-tu du porno ?

Samy : J'étais intéressé par le porno depuis longtemps.
Je n'avais pas le physique, trop mince. Puis l'image de moi- même était, disons, pas terrible. C'est narcissant le porno, on se trouve sexy dans le miroir que nous renvoie le film.

Filou : Comment négocie-t-on avec soi-même? Et avec ce secret qui risque d'être découvert ?

Samy :
Oui, c'est dangereux, on peut vous le ressortir dans vingt ans, alors qu'on sera passé à autre chose. Mes parents savent que je suis gay. J'ai une famille assez conservatrice, un beau-frère barbu qui ne m'adresse plus la parole. J'ai réfléchi à propos de la réaction des gens, de mon entourage, de mes parents, et je me suis lancé en commençant par faire du strip en Allemagne, à Amsterdam, loin d'ici.

Filou : Le développement de la scène gay ethnique t'a-t-elle aidé à franchir le pas?

Samy :
J'ai fait pas mal de chemin dans ce milieu. J'y ai rencontré des gens, je m'y suis fait des amis. Franchement, je voulais casser le caractère rebeu-banlieue-cité-survêt. Je suis en costard cravate, look bureau chez Cadinot. Je ne tourne pas seulement pour l'argent mais aussi pour montrer qu'il n'y a pas que les blancs dans les films X.

Filou : As-tu l'impression d'avoir agi par transgression en tournant dans des films pornos?

Samy :
Oui, en France, c'est tabou d'être homo, et un double tabou de faire du porno. En Angleterre les acteurs que je connais le font comme un métier, ils rentrent chez eux tranquillement le soir. Si quelqu'un me critique par rapport aux films que j'ai tournés, je lui réponds qu'il a un problème avec son homosexualité.

Filou : En somme, cela t'aide à faire accepter ton homosexualité...

Samy :
Le poids religieux, la famille, j'ai lâché tout ça, après tout je pouvais m'affranchir simplement en acceptant d'être ce que je suis. C'est bête, mais combien de gens peuvent dire ouvertement, à eux-mêmes et aux autres: je suis homo. En tournant, j'ai sans doute définitivement enclenché le processus qui m'amène à m'assumer sans avoir la possibilité de faire marche arrière. Je me sens libre, je n'ai plus à me cacher derrière des voiles.

Filou : Le porno a cette particularité d'être secret, on peut faire des films sans personne ne le sache. C'est un peu la roulette russe si quelqu'un de proche l'apprend...

Samy :
Pour moi le porno c'est un challenge, j'avais du mal à m'accepter, je n'étais pas stable, c'est vrai que le porno m'a aidé.

# Posté le vendredi 31 octobre 2008 14:59

Modifié le mardi 11 août 2009 03:41

Interview de Fadela Amara : "Il faut qu'un mouvement gay émerge dans les quartiers "

Interview de Fadela Amara : "Il faut qu'un mouvement gay émerge dans les quartiers "
La secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, Fadela Amara, a accordé une longue interview à Filou. Dans cet entretien la secrétaire d'État parle des homos dans les banlieues : « Dans les cités, dit-elle, quand ils sont connus comme tels, les homos subissent tout et n'importe quoi, y compris des expéditions punitives. Pour certaines familles, pute ou homo, c'est la même chose, c'est inacceptable. On est donc bien dans les mêmes combats. Il s'agit de se réapproprier son corps. »

Interrogée sur la lutte contre l'homophobie en banlieue, elle répond qu'elle « compte beaucoup sur les associations pour que le travail en direction des femmes et sur la question de l'homosexualité soit rendu concret sur le terrain ». Elle estime que les homosexuels des quartiers « doivent être davantage défendus par les associations gay », et « se voit bien en marraine » d'un mouvement qui serait la version homo de Ni putes ni soumises. « Il faut qu'un mouvement gay émerge dans les quartiers (...) pour mener de vraies bastons sur ces questions dans les banlieues, pour faire évoluer les mentalités ».

Concernant le mariage et l'adoption, Fadela Amara déclare : « Je suis favorable à l'adoption pour les couples homosexuels. Je suis pour le mariage homosexuel aussi. Pour faire grandir un enfant et lui permettre de s'assumer en tant qu'être humain, il faut bien sûr qu'il puisse être vêtu, manger correctement, recevoir une belle éducation, mais il faut avant tout qu'il sache très tôt qu'il est aimé. Je ne pense pas que les couples en instance de divorce, où il y a des formes de violences entre des hommes et des femmes, soient un cadre idéal. Et, pourtant, on est en présence d'un couple "classique". »

Toujours dans cet entretien, Fadela Amara relate la rencontre qu'elle a eu avec Alain Piriou, le porte-parole de l'Inter-LGBT : « J'ai reçu deux fois Alain Piriou. Il était jeune, il m'avait parlé un peu de lui et ça m'avait touché. J'avais fait des propositions claires et concrètes. Je voulais aller en leur compagnie dans les cités pour aborder la violence faite aux femmes et aux homosexuels, les actes barbares que subissent ceux qui sont connus en tant qu'homos... Mais il y avait des craintes, apparemment, de leur côté, et ça n'a pas pu se faire. Je l'ai regretté. »

Suite à la publication mercredi de cette interview, Alain Piriou a souhaité réagir au propos de la ministre. Interrogé par Filou il déclare : « Faux. Je n'ai rencontré Fadela Amara qu'une seule fois, et à ma demande, pour lui proposer des actions communes, et pas pour lui parler de moi. J'ai découvert une personne qui n'écoutait pas, pétrie de certitudes, sectaire, qui voyait des ennemis partout et n'avait rien de concret à proposer. J'ai vu les inconvénients de travailler avec elle, et pas les avantages. Je ne l'ai recontactée qu'une seule fois depuis, pour demander un soutien sur la loi contre les propos sexistes et homophobes, mais elle n'a jamais voulu s'engager. Il nous était apparu très difficile de bosser avec elle. »

# Posté le jeudi 06 novembre 2008 13:31

Modifié le jeudi 16 avril 2009 15:44