Le Gay Ethnique c'est quoi ?

Le Gay Ethnique c'est quoi ?
Gay ethnique est un terme qui désigne dans le milieu homosexuel, une communauté qui rassemble le monde des cités et l'univers gay.


Ce terme désigne également le monde de la nuit ayant une clientèle gays et lesbiennes issus de minorités ethniques et culturelles (Maghrébins, Antillais, latinos et Africains), cet univers est présent à Paris par des soirées BBB (Black, Blanc Beur), soirées qui allient une forme de culture musicale urbaine (R'n'B, rap, hip-hop, raï, chaâbi, et musique afro) et homosexualité destinée aux jeunes gays venant le plus souvent de banlieue, de sortir et de découvrir une autre atmosphère que celle des cités.


Considéré comme l'expression d'un communautarisme identitaire pour les uns, et comme un espace d'expression pour les autres c'est notamment dans cet esprit que des fonds ont été débloqué pour les associations pour parler d'homosexualité dans les groupes ethniques.
Les traditions culturelles et religieuses du Maghreb, interprètent l'homosexualité comme des défaillances au niveau par l'absence de filiation et interprétée comme une humiliation des parents, mais également une défaillance au niveau religieux.


En 2003 s'est tenue au Canada une Conférence Internationale des musulmans gays avec 200 participants. En France, le tissu associatif homosexuel musulman actif est inexistant. C'est à travers l'inter-activité du portail du site web de l'association beur gay Kelma (défense de rebeus gays - www.kelma.org), pionnière en la matière, qui a donnée l'idée à d'autres communautés ethniques d'unir leur voix, afin de se faire entendre et de diffuser l'idée que la communauté gay ressemble à la société.

# Online seit Montag, 20. Oktober, 2008 um 14:16

Geändert am Montag, 24. August, 2009 um 13:13

Témoignage de la double vie que mène Djamel - La Grande Borne (91) : "J'ai bien essayé une ou deux fois avec une fille mais ça ne m'excite pas"

Témoignage de la double vie que mène Djamel - La Grande Borne (91) : "J'ai bien essayé une ou deux fois avec une fille mais ça ne m'excite pas"
Djamel a eu beau expliquer à sa soeur que " c'est Dieu qui crée les lesbiennes, les homos, les hétéros et la vie ", rien n'y a fait : depuis le jour où Salima, 20 ans, s'est emparée du téléphone portable de son frère, de trois ans son aîné, pour écouter ses messages, elle ne lui adresse plus la parole. Sur le répondeur de Djamel, son petit ami de l'époque lui déclarait sa flamme... "Ces choses-là ne se disent pas entre mecs. Tu devrais arrêter", a décrété l'indiscrète. Avant de prononcer son terrible verdict : " Je ne te parlerai plus jamais de la vie ! " La brouille dure depuis près d'un an sans que les parents, ni les quatre autres frères et soeurs, en connaissent la cause.

Tee-shirt Adidas, jean Levi's et baskets, Djamel, mène avec fougue sa double vie, au risque de la schizophrénie : peintre en bâtiment sans histoires la semaine dans la grande ville de l'Essone où il est né ; jeune branché qui s'éclate dans les bars et boîtes de nuit homosexuelles de Paris le week-end.

Pas question naturellement d'afficher son homosexualité dans la ville de grande banlieue où il partage un appartement avec son frère : " Ici, les homos sont rejetés. Dans les lieux de drague, il arrive même que certains se fassent tabasser.

Moi, je n'y vais pas, je n'ai pas envie de me faire remarquer ", explique-t-il. Au boulot, le jeune peintre gay s'amuse, comme il dit, à " jouer les mecs-mecs ". Tous mariés et pères de famille, les collègues font souvent des plaisanteries sur " les pédés " : " Dans ces cas-là, je donne le change ", explique Djamel qui n'ose rien dire non plus à ses copains. Quand un curieux lui demande s'il a une copine, il répond " oui " sans hésiter, inventant les prénoms d'hypothétiques conquêtes : Isabelle, Estelle...

A ses parents, nés en Algérie, il ne ment que par omission : lorsqu'ils s'inquiètent de savoir quand il se décidera à prendre femme, il répond, philosophe : " Quand elle viendra ! " En vérité, il a bien essayé une fois ou deux, mais " les filles, confie-t-il, ça ne m'excite pas ! ".

Chauffeur routier, son père ne se doute de rien : " S'il savait que je ne vais pas perpétuer la génération, il serait furieux ", dit-il, le sourire crispé. Avant d'ajouter, du haut de ses 23 ans : " Avoir des enfants, c'est pas dans mon destin ! "

Avec sa mère qu'il " adore ", tout est dans le non-dit. Les appels trop fréquents de l'ex-petit ami de son fils lui auraient-ils mis la puce à l'oreille ? Toujours est-il que lorsqu'il l'a emmenée faire une virée à Paris l'an dernier avec sa nouvelle Golf, celle-ci l'a beaucoup surpris en allant carrément au-devant de ses désirs : " Je lui ai fait voir la tour Eiffel, la tour Montparnasse, les Champs-Elysées et, bizarrement, elle m'a dit : Je veux voir des pédés ! Pour ne pas avoir l'air complexé, je l'ai conduite devant les bars du Marais, elle était contente ! ", raconte le jeune homme. La balade s'est terminée dans un fast-food du XVIIIe arrondissement où le fils n'a pas trouvé les mots pour parler à sa mère. "Elle doit avoir des doutes", en a-t-il conclu. Evidemment, Djamel préfère aller se promener " seul et anonyme " dans le Marais, d'autant qu'à l'en croire, il a du succès : " Comme il n'y a pas beaucoup de beurs dans les bars du IVe arrondissement, les mecs kiffent sur moi. " Le week-end où nous l'avons rencontré, il avait passé la nuit de samedi à dimanche dans une boîte à la mode du centre de Paris, avant de prendre un train pour rentrer chez lui sur les coups de 6 heures du matin. Réveillé le dimanche à midi, il a repris le train " dans l'autre sens " en fin d'après-midi pour aller boire un verre dans le Marais et danser à la soirée gay Black-Blanc-Beur du Redlight. Peu avant minuit, il chaloupait, rieur et insouciant, sur une chanson de Khaled. Sans penser que le lendemain à 8 heures, il serait sur son chantier le rouleau à la main à " jouer les mecs-mecs"...

# Online seit Montag, 20. Oktober, 2008 um 14:21

Geändert am Freitag, 27. November, 2009 um 10:55

La face cachée des cités

La face cachée des cités
Citebeur.com, rebeugay.fr, citewesh.com, mecsdecite.com, banlieue69.com ou encore lascars-gays.com... on ne compte plus les sites Internet consacrés à la face cachée de la cité. Combien de badboys, véritables caïds, se rendent régulièrement sur Tchatche ou le salon gay de sky dans le but de faire un plan "scred" (comprendre discret) ? Que d'hypocrisie et quel décalage entre le discours macho bonhomme de la banlieue et la réalité !!!



(sites interdits aux mineurs)

# Online seit Montag, 20. Oktober, 2008 um 14:30

Geändert am Montag, 28. September, 2009 um 13:15

Témoignages en direct du 91 du 92 et du 93 : être gay en banlieue

Comment vit-on son homosexualité dans les cités ? Filou a eu du mal à trouver des témoins. Mikaël, Brahim et Julia ont eu ce courage. Entre peurs et vexations, ils racontent leur quotidien. Des témoignages forts qui éclairent un sujet tabou.

# Online seit Montag, 20. Oktober, 2008 um 15:48

Geändert am Montag, 17. August, 2009 um 03:40

Interview de Marouane - 20 ans - ZAC La Noé (78) - "Je me suis pas encore fait sauter mais bon, si un jour je trouve un mec et que je l'aime profondément..."

Interview de Marouane - 20 ans - ZAC La Noé (78) - "Je me suis pas encore fait sauter mais bon, si un jour je trouve un mec et que je l'aime profondément..."
Filou : T'es déjà allé avec une fille ?

Marouane :
pas jusqu'au sexe mais Ouai, obligé... Enfin, non, pas obligé, mais comme dans la cité, c'est le principal sujet de discussion avec le foot... de tout petit, j'ai imité mes grands frères qui se retournait pour regarder le cul des filles en disant des conneries, alors j'ai fait pareil. C'est tout un rôle qu'on apprend de tout petit, en famille, avec les copains. Comment on doit se comporter pour faire bien viril, le vrai dur quoi... Même si à l'intérieur on est doux comme un agneau. Tu sais, dans la cité, il faut se faire respecter et pour ça, quand on est un tendre, on doit être encore plus comédien que les autres et plus malin aussi. J'en ai déjà discuté avec mon frère et lui alors, moi qui le connais par coeur, je peux t'assurer que c'est le plus doux et le plus gentil des mecs de la cité et pourtant, tout le monde le craint avec son air menaçant. Il s'est battu qu'une seule fois et c'était à cause de moi pour me défendre parce que j'avais fait des conneries. Remarque, dans le quartier, y'a un copain de mon frère ainé qui assume qu'il est pédé et pourtant les autres l'acceptent et le respectent. En tout cas, il sont sympas avec lui, mais c'est un grand dur et musclé et il fait les arts martiaux et la boxe, c'est peut-être pour ça. Mais dans son dos, des fois, ils disent des conneries qu'il est pédé, enculé et tout ça, alors moi, ça me fout un peu les pétoches si on disait des trucs sur moi, ça me foutrait les boules.

Filou :
Mais tu sais, les gens trouvent toujours un truc à dire sur les autres quand ils ne sont pas là, alors forcément, ils doivent parler de toi dans ton dos.

Marouane : Ouai mais bon, tant qu'ils parlent pas de moi que je suis gay ça va.

Filou : Je remarque que tu dis facilement "pédé" pour les autres mais tu te dis "gay"...

Marouane : Bon, je suis un pédé ! ça te va ? un pédé arabe au lieu de "un beur gay", t'es content ?

Filou : T'es fâché ?

Marouane : Ouai, non... excuses-moi mais j'assume pas encore trop bien

Filou : Tu veux qu'on parle d'autre chose ?

Marouane :
- non non on continue, avec toi ça va, je me sens bien... (silence). En tout cas, je ferais tout pour que ma famille soit jamais au courant, surtout mes frères car ils me tueraient et ils me foutraient dehors de la maison, mais mon père ça lui ferait trop de mal

Filou : Et ta mère ?

Marouane :
ma mère elle m'aime et je suis sûr qu'elle connaît tous nos petits secrets à chacun. Mon père aussi il m'aime mais il n'est pas assez fort pour supporter tous ces trucs de la vie qu'on lui a pas appris. Il sait que ça existe mais il préfère vivre dans son monde qu'on lui a appris, il aime pas la découverte des choses nouvelles, il est très simple mais il laisse ma mère aller au cours du soir pour apprendre à écrire l'arabe et pour apprendre le français. Mon père est très bon et c'est pour ça que je lui ferais jamais de mal, il est un musulman de coeur. Donc, je veux pas que personne apprenne que je suis homo car toute la cité le saurait en une heure et ma famille aussi. En fait, je remarque qu'on peut être qui on veut mais ça doit rester caché. On doit pas l'annoncer au grand jour sinon c'est les emmerdes.

Filou : Tu es très beau gosse et intelligent, tu dois attirer facilement les filles.

Marouane :
C'est mieux pour moi, je me débrouille pour qu'elles se disputent entre-elles à cause de moi et ça m'évite d'en avoir une pour de bon et comme ça, les mecs de la cité me prennent pour le roi des tombeurs de meufs même si je m'en suis jamais tiré une.

Filou : Tu as déjà fait l'amour avec un garçon ?

Marouane :
On s'est un peu fait des trucs avec mon frère, juste des trucs d'affections, j'aime bien être contre lui, entre ses bras, sinon deux fois avec des mecs, un que j'ai enculé et l'autre on a fait l'amour mais pas le sexe.

Filou : Qu'est-ce que tu appelle faire l'amour ?

Marouane : S'embrasser, des caresses, des trucs qui excitent, aussi se branler, et le sexe c'est enculer.

Filou : C'est quoi pour toi actif et passif ?

Marouane :
Alors comme je te disais l'autre fois, j'ai plus la même idée depuis que j'ai vu ton point de vue sur ton blog. (c'est ce sujet qui est à l'origine de notre rencontre réelle après un débat passionné par msn). Avant je pensais que chez les pédés y'avait les enculeurs et les enculés comme l'homme et la femme, la bite et la chatte. Mais bon, tu m'as obligé à réfléchir avec ta phrase à la con, t'as trouvé les bons mots qu'il fallait et après, je me suis rendu compte que ça veut rien dire actif et passif et qu'on est pédé quand même qu'on soit dessus ou dessous puisqu'on aime un homme et qu'on s'offre du plaisir à égalité, enfin, tu le dis mieux que moi. Car comme toi si j'aime pas, je baise pas. En tout cas, pour l'instant je me suis pas encore fait sauter mais bon, si un jour je trouve un mec et que je l'aime profondément, alors pronfondément il pourra me prendre... Tu dis plus rien ?

Filou : Je t'écoute avec intérêt...

Marouane : ça te plaît que je te parle de cul hein ?

Filou (rouge de confusion) : N'importe quoi... parles-moi plutôt de ton mec idéal...

Marouane :
Cool, qui se prend pas la tête, qui fait pas le fier, intelligent qui comprend tout sans rien dire, comme toi le premier jour où je t'ai rencontré...

Filou : Pourquoi le premier jour et pas aujourd'hui ?

Marouane :
Parce qu'aujourd'hui tu fais exprès de me poser des questions cons et que l'autre fois on avait un vraie discussion, c'était vraiment bien. Alors, je continue... sportif, qui a le sens des responsabilités, qui est pas exagéré dans son comportement ou dans ses idées, en un mot : Naturel.

Filou : Un beau gosse du bled ?

Maroune :
Du bled ou d'ailleurs, c'est pas important pour moi, je suis pas raciste, c'est pas l'extèrieur qui est important.

Filou :
Un ami beur m'a dit qu'il préférait être avec un autre beur car le courant passait plus facilement et que côté sexe le prépuce le génait et un autre ami beur m'a dit lui, qu'il ne pourrait jamais baiser avec un autre beur... tu penses quoi de tout ça ?

Marouane :
Que c'est des mecs qui pensent qu'au côté matériel de la baise. Quand l'Amour est là, quand il y a les sentiments, on est aveugle, tout se fait dans le coeur. T'as vu les annonces sur les forums, ça craint un max, ils m'écoeurent : "cul en chaleur cherche grosse bite d'arabe !!!". Ils doivent vraiment être mal dans leur tête et dans leur coeur pour en arriver à fantasmer aussi connement

Filou : Bon, on va arrêter ce sujet car je vais finir par tomber amoureux de toi

# Online seit Montag, 20. Oktober, 2008 um 15:06

Geändert am Samstag, 01. August, 2009 um 05:45

Témoignage de Malik - Aulnay sous Bois (93) - "Un jour mon frère a trouvé des capotes et du gel dans ma chambre"

Témoignage de Malik - Aulnay sous Bois (93) - "Un jour mon frère a trouvé des capotes et du gel dans ma chambre"
Malik vit en banlieue, à Aulnay-sous-Bois, dans le 93. Il a 20 ans. Il est homosexuel. Voilà deux semaines, ses parents ont reçu une lettre anonyme où était écrit : «Votre fils aime les hommes.» Son père l'a réveillé tôt un matin. Malik a joué le «mec super étonné». Il s'est écrié : « Mais c'est une photo de moi, dans un truc de pédé !» Sa mère pense que c'est une femme qui se venge. En réalité, c'est un ex qui l'a balancé. Il dit : «Mes parents se voilent la face. Ils péteraient un câble. Ce serait pire que si ma petite soeur perdait sa virginité.» Malik explique que ses parents sont favorables à la peine de mort pour les adultérins, que «la religion est leur système de loi» et qu'ils le renieraient. «Dans ma famille c'est trop tabou pour que ce soit dit et trop inimaginable pour que ce soit pensé, résume-t-il. Mes parents font les sourds mais ils savent, au fond d'eux.»

A la maison, la sexualité est tenue secrète. «De toute façon, c'est un manque de respect de se présenter devant ses parents et de parler de sexualité.» Malik n'en parle pas non plus avec ses frères et soeurs. Un jour, son frère est tombé sur des capotes et du gel. Il a demandé des explications. Malik s'est exclamé : «T'es barge.» Son frère, rassuré, a dit : «J'ai cru que t'étais pédé, j'ai eu trop peur.» «Je ne veux pas me cramer en parlant, dit Malik. Je me cache.»

Pendant longtemps, il a cru qu'il était seul au monde. Il déroule ses années de jeunesse où, efféminé, on l'appelait «le pédé» dans sa cité qu'il a, depuis, quittée. Il aimait davantage la compagnie des filles que des garçons. Lui aussi pensait que «ce n'était pas normal». A Paris, il a découvert qu'il y avait des gens comme lui, «arabes et homos». A des soirées, il a vu des «racailles du 92 ou du 93 qui retournent leur veste». Ça lui a fait «du bien».

Malik pense qu'il devra «attendre la mort de sa mère» pour vivre sa vie. D'ici là, il est même prêt à se marier pour donner le change : «ça enterre les doutes, le mariage.» Ou alors, il ira à l'étranger. «Je ne me vois pas m'afficher avec un homme ou lui tenir la main. Avec le regard des gens, c'est gênant.» Il s'imagine ces gestes uniquement dans un pays dont il ne comprend pas la langue. A cause de la «réputation» : «Dans le quartier aussi, tout tourne autour de la religion.» Même pour ceux qui ne sont pas musulmans mais «qui veulent ressembler aux Arabes et aux Blacks».

# Online seit Montag, 20. Oktober, 2008 um 15:15

Geändert am Samstag, 01. August, 2009 um 04:05